L’impérieuse profondeur de la voix s’impose à son entrée « en scène », après l’introduction musicale altière de la première et courte pièce, sur un poème d’Adonis. Dès la seconde, qui déroule ses méandres majestueux sur un mode ancien, le frisson vous gagne. Le grain de cette voix, sa justesse dans les micro-intervalles, ce souffle qui paraît infini tant il se régénère sans effort apparent, berce et chavire l’âme. Il balaie rapidement l’agacement procuré par le son incongru d’un pauvre synthé, jugé « moderne » par le compositeur et orchestrateur des cinq morceaux, Mohammad Gomar, époux de la diva. Ni fautes de goût ni trouvailles n’influent sur la splendeur du chant, réhabilité par la pièce titre finale, que Farida transcende.